Quintet, au Musée d’Art Contemporain de Lyon

Par MARIE PREVOT Le 24/02/2009 à 12:47
Chris Ware - 10  Chris Ware, Building Stories; Actual Size, 2008  Crayon bleu, encre et gouache blanche sur bristol  71,1 x 101,6 cm  Collection de l’artiste

Chris Ware - 10 Chris Ware, Building Stories; Actual Size, 2008 Crayon bleu, encre et gouache blanche sur bristol 71,1 x 101,6 cm Collection de l’artiste

 

Situé dans la cité internationale, construite par Jean Nouvel, le Musée d’Art Contemporain de Lyon offre en général des expositions très pointues et ambitieuses. Une fois encore la curiosité du spectateur est suscitée.


Réunissant cinq auteurs dans cinq salles différentes avec pour seul fil conducteur, la bande dessinée, le MAC de Lyon, présente une forme de création que l’on rencontre rarement dans les Musées non spécialisés.


Laissé libre de ses déambulations, le visiteur passe de salle en salle aux murs remplis de récits illustrés, de dessins préparatoires et de planches originales, présentés de manière un peu disparate, surtout dans les espaces dédiés aux américains Chris Ware et Gilbert Shelton. Chris Ware, né en 1967, expose soixante dix dessins de ses séries cultes au graphisme sophistiqué et foisonnant qui nous éblouit dès que l’on pénètre dans les lieux. Gilbert Shelton, né en 1940, figure tutélaire de l'underground des années 60, présente une série de réalisations qui rendent compte de cette création polymorphe et déjantée des décennies américaines, du Flower power aux années 2000. Le néerlandais Joost Swaarte, né en 1947, est inventeur de la « ligne claire ». A la fois architecte, designer, auteur et créateur d’affiches il donne à voir à travers ses deux cents œuvres exposées un humour absurde et des personnages très typés.

 

Mais ce sont surtout les salles de Blanquet et Masse qui retiennent l'attention. Masse, né en France en 1948, en présentant ses planches en écho à ses sculptures, véritable scénario à elles seules, suggère une passionnante réflexion sur la narration, dévoilant les liens qui régissent ces deux disciplines. Quant à Stéphane Blanquet, né en 1973 dans les Yvelines, il s'appuie sur une scénographie poussée, glauque, inquiétante et sonore, dans laquelle son art se glisse tout naturellement. Sculptures, peintures, dessins, photomontages, et même un étonnant train fantôme qui nous entraîne dans son univers : le spectateur passif jusque là se retrouve alors comme propulsé dans la bande dessinée.


Pour reprendre la métaphore musicale du titre, Quintet rassemble des musiciens éclectiques, solistes chacun à leur tour. Une exposition en forme d'expérience et à l’issue de laquelle on ne peut s’empêcher de se demander s’il s’agit de « l’entrée de la Bande dessinée dans les musées », surtout qu’au même moment, à quelques centaines de kilomètres une autre exposition lui donne la parole : Le Petit dessein au Musée du Louvre.