L’Italie à la Une du Musée d’Orsay

Par A. de Chappedelaine Le 15/04/2009 à 12:50
Giorgio Sommer (Francfort-sur-le-Main, Allemagne, 1834 ? Naples, Italie, 1914)  Éruption du Vésuve, 26 avril 1872, 4½ p.m.  épreuve sur papier albuminé, 17,5 x 24,2 cm  Kalamata, Grèce, collection particulière  Cliché musée d'Orsay / © Patrice Schmidt

Giorgio Sommer (Francfort-sur-le-Main, Allemagne, 1834 ? Naples, Italie, 1914) Éruption du Vésuve, 26 avril 1872, 4½ p.m. épreuve sur papier albuminé, 17,5 x 24,2 cm Kalamata, Grèce, collection particulière Cliché musée d'Orsay / © Patrice Schmidt

 

A l’heure ou l’Italie se réveille à peine du terrible drame qui la frappe, s’est ouverte à Paris, quelques heures après le séisme, une exposition consacrée à la péninsule au XIXème siècle.

«Voir l’Italie et mourir ». C’est le titre de l’exposition du Musée d’Orsay. Hasard malheureux, comble de l’ironie sordide….

 

L’exposition est d’une grande richesse. Mêlant photographies et peintures, elle vise à nous enseigner comment la photographie, au XIXème siècle, a modifié la perception que le reste du monde avait alors de l’Italie, image jusque là véhiculée par les arts classiques : peinture, dessin, imprimerie et sculpture. L’Italie apparaît à cette époque comme une contrée pleine de richesses, berceau de puissantes civilisations, aux paysages méditerranéens sublimes et romantiques, à l’architecture variée, aux ruines ancestrales prêtant à l’inspiration artistique, aux habitants pittoresques et chaleureux, aux musées regorgeant des œuvres des artistes les plus grands.

 

Dès le XVIème siècle, la France et l’Angleterre y envoient leurs jeunes artistes afin qu’ils s’imprègnent de cette culture et s’enrichissent de ses trésors. On appelle cela « Le grand tour ».

 

Lorsqu’en 1839, la photographie prend son envol, nombreux sont ceux qui désirent faire de ces richesses des sujets photographiques. Paysages, ruines, architectures, œuvres d’art, conflits et peuple italien sont désormais reproduits de manière objective. Sans fioriture ni idéalisation, ils ornent les daguerréotypes, calotypes, plaques de verres et papiers albuminés, au gré des progrès de la technique photographique.

 

Alors, des projets d’éditions d’albums sur les « vues et monuments les plus remarquables du globe » prennent jour, puis la photographie devient aussi un souvenir touristique que le voyageur emporte avec lui. Elle devient aussi témoignage d’un conflit qui n’en finit pas et qui s’achèvera en 1871 avec l’unification de l’Italie, ou témoignage des découvertes d’Herculanum et Pompéi. Enfin, elle devient un moyen pour l’artiste d’étudier un sujet avant d’en faire une œuvre.

 

Dans les salles qui se succèdent d’une manière thématique, on retrouve les plus grands noms de la photographie du XIXème siècle : Ferdinando Artaria , Giacomo Caneva, Alphonse Bernoud pour les paysages, John Ruskin, Frédéric Flachéron, Robert Mac Pherson pour l’architecture, Enrico Beguin pour les œuvres d’art, Gustave Le Gray pour le conflit Italien, Giorgio Sommer pour Pompéi, Carlo Baldassare Simelli , Carlo Naya, Edmond Lebel pour le peuple italien et les modèles pour artiste. Chaque salle aborde un thème nouveau et change alors la couleur de ses murs, rendant l’ensemble dynamique et vivant. De temps en temps on se surprend à ne plus savoir ce que l’on a sous les yeux, une toile ou une photo, mais peu importe, le résultat est beau et donne envie, encore et toujours d’aller ou de retourner dans ce pays de beautés, qui, on le sait, connaît des heures bien difficiles.