Quand Edward Munch ne crie pas

Par Lou W. Le 02/03/2010 à 14:05
Edvard Munch Femme au chapeau rouge sur le Fjord (Harmonies bleues - Le chapeau rouge), 1891 huile sur toile, 99 x 65 cm Collection privée © The Munch-Museum / The Munch-Elligsen Group / ADAGP, Paris 2009-2010

Edvard Munch Femme au chapeau rouge sur le Fjord (Harmonies bleues - Le chapeau rouge), 1891 huile sur toile, 99 x 65 cm Collection privée © The Munch-Museum / The Munch-Elligsen Group / ADAGP, Paris 2009-2010

 

La Pinacothèque expose Edvard Munch (1863-1944) depuis le 19 février.

C’est un événement en soit car l’artiste norvégien n’a jamais fait l’objet d’une rétrospective digne de ce nom en France.

Certes, vous n’y verrez pas son « Cri », mais vous découvrirez cependant, à travers une centaine d’œuvres, la modernité et l’éclectisme qui caractérisent l’essentiel de son travail.

 

Edvard Munch nait en 1863 et commence à peindre dans les années 80. C’est donc un contemporain des artistes se rattachant aux courants émergents de cette époque : impressionnisme, symbolisme, naturalisme…Edvard Munch  en reste pourtant en marge, développant un style qui lui est propre.

Il peint, dessine, sculpte, pratique l’estampe et représente portraits, paysages, natures mortes… Sa palette peut être aussi vive que sombre, ses œuvres aussi légères qu’effrayantes.

Tout au long de l’exposition, la tentation d’associer certaines de ses œuvres au symbolisme, voir au synthétisme va et vient, mais non, elle n’est que fugace tant il est évident que son œuvre ne se cantonne pas uniquement à un style, il expérimente, il cherche, pour pouvoir mieux s’exprimer.

La modernité et la qualité technique de son travail atteignent  leur paroxysme dans ses estampes. Souvent traitées à coup de lignes verticales ou horizontales, rehaussées de couleurs, les sujets n’en sont que plus vivants, plus expressifs. La matière qui les anime est palpable à l’œil nu et donne envie d’être à la place du collectionneur auquel elles appartiennent, afin de pouvoir mieux les contempler, mieux les  toucher, mieux les caresser…  

 

Le contrat est donc rempli : c’est bien d’une découverte de l’œuvre d’Edvard Munch qu’il s’agit, dans  tout ce qui se rapproche de près ou de loin à son fameux « Cri » et qui en fait la richesse.

 

Un petit bémol cependant quant à l’accrochage de l’exposition, qui ne m’a pas toujours paru cohérent,  un plus en revanche quant à la possibilité de télécharger  le guide de visite de l’exposition sur iPhone et iPod touch, définitivement ludique et pratique.