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Le mobilier XVIIIème siècle a la cote !

Par A. de Chappedelaine Le 28/10/2008 à 10:41
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Table de salon adjugée 170 000 € le 8 juin 2007 Maison de vente DAGUERRE - (c) Daguerre

Table de salon adjugée 170 000 € le 8 juin 2007 Maison de vente DAGUERRE - (c) Daguerre

Les faits sont là ! Les six premiers mois de l'année 2007 ont été le théâtre d'enchères plus qu'endiablées en matière de mobilier XVIIIème :

 

Le 8 juin 2007, une table de salon, attribuée à Riesener et dont la provenance avait tout ce qu'il y a de plus chic, fut adjugée 204 000 € à Drouot chez Daguerre. Le 21 juin, c'est chez Christie's qu'une table à écrire d'époque Louis XVI, toujours estampillée Riesener mais accompagnée, cette fois, de l'estampille de Weisweiler, s'envola à 324 000 € alors qu'au mois de janvier Maître Binoche laissait son marteau tomber à 144 000 € pour une table de salon estampillée Topino....

 

Qui a dit que le mobilier français du XVIIIème siècle se portait mal ? Il est vrai qu'à la lecture de ces adjudications, une idée pareil peut faire sourire....

 

Et pourtant, le XVIIIème français n'a pas retrouvé son niveau du début des années 2000, époque ou malgré l'abondance des pièces XVIIIème en salle de vente, chaque siège, chaque commode, chaque encoignure de facture moyenne flanquée de bronzes dorés et correctement ciselés trouvait preneur....depuis, les acquéreurs se sont raréfiés et si la commode en question, le siège ou l'encoignure n'est pas accompagnée d'une estampille un temps soit peu prestigieuse ainsi que de riches bronzes dorés de qualités, elle ne fait guerre mieux que franchir péniblement le montant de son estimation basse.

Alors, oui le mobilier XVIIIème est victime de l'exigence de ses potentiels acquéreurs, mais quand cette exigence est mise à bas, le XVIIIème ferait craquer les plus frileux d'entre eux. Il en est pour preuve la flambée des prix à laquelle nous assistons et qui ne cesse de s'intensifier ....

 

Jugez plutôt ! En Juin 2000, une table à écrire proche de celle vendue par Christie's 324 000 €, estampillée à la fois Riesener et Weisweiler s'était « seulement » envolée à 131 100 € !

 

Alors, qualité du meuble, notoriété de l'estampille....y a-t-il d'autres critères qui garantiront à un meuble l'inscription au top 10 des enchères ?

Provenance royale, appartenance à une collection prestigieuse, sont autant d'éléments qui, trois siècles après la création du meuble, constituent son pedigree et contribuent à faire de lui une star des ventes aux enchères publiques, aguichant ainsi la convoitise des collectionneurs...Il en est pour preuve les 60 000 € obtenus le 21 juin chez Christie's par une marquise estampillée Jacob et livrée en 1784 à la comtesse de Provence pour son château de Montreuil.

Et ce n'est pas tout...le côté fonctionnel du meuble peu également constituer une plus-value. En effet le XVIIIème siècle est non seulement celui des lumières mais aussi celui d'un certain art de vivre, fait de plaisirs, d'oisiveté, d'élégance.... à laquelle répond parfaitement la créativité des ébénistes qui fournissent quantité de meubles nouveaux, aussi curieux qu'élégants : tables à système, tables à encas, liseuses, coiffeuses...ces petits bijoux, qui à l'époque allient raffinement et fonctionnalisme, sont pour la plupart aujourd'hui dépourvus d'utilité et se voient alors boudés par les amateurs du XVIIIème siècle, à l'exemple de ces petites chaises que l'on appelle ponteuses ou voyeuses et qui servaient à observer ou participer aux jeux dont l'aristocratie était à l'époque friande...elles permettaient de s'asseoir de différentes manières (à califourchon, accroupi) et de participer éventuellement au jeux, à l'aide d'un casier placé dans la traverse supérieure du dossier....il y a 15 ans, pour peu qu'elles portent l'estampille de Folliot, Cresson, Tilliard ou Delanois, elles se trouvaient projetées au palmarès des enchères (une paire de chaises de ce type estampillée Jacob a été vendue en 1991 205 000 F par Maître Mathias)...aujourd'hui, ce genre de meuble ne répondant plus aux besoin de notre société actuelle, n'obtient tout au plus 5 000 €.

Si qualité, signatures, pedigree et fonctionnalité sont autant de critères permettant de garantir des enchères endiablées, à contrario les factures simples, sobres et anonymes seront en vente publiques tout à fait abordables :
En effet une paire de sièges XVIIIème sera accessible entre 1200 et 3000 €, un bureau entre 6000 et 10 000 € , et un buffet pourra se négocier entre 1600 et 3000 €....et ceci pour la plus grande joie des particuliers français et étrangers, les collectionneurs XVIIIème ne semblant vouloir, quant à eux, retenir du siècle de l'excellence française....seulement l'excellence !

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