Y aura-t-il un avant et un après ?
Le marché de l’art semble comme suspendu, fébrile, en ce
début de semaine, ne parlant que de cela.
« Cela », c’est bien évidemment la dispersion de
la Collection Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé.
A l’heure ou les équipes de Christie’s et de Pierre Bergé
& Associés, speed mais efficaces, sous l’adrénaline que procure la
préparation d’un tel événement, réorganisent l’espace sous la grande verrière
du Grand Palais afin de procéder à la vente, d’autre se pressent, espérant
avoir une chance d’être les heureux enchérisseurs d’un objet, d’un tableau, d’un
meuble au pedigree déjà célèbre de « Collection Yves Saint Laurent et
Pierre Bergé ».
Mauvais signe, la bourse a encore perdu 4 % vendredi dernier
mais François de Ricqlès, vice-président de Christie’s, reste confiant : La
foule s’est pressée ce week-end pour admirer la collection mise en scène par
Nathalie Crinière, n’hésitant pas à attendre dans la grisaille et le froid :
5 heures pour un visiteur lambda, une heure aussi pour un VIP.
Ce soir, l’enjeux est important. Important pour les acteurs
de la vente : Pierre Bergé et sa maison de vente, Christie’s. Important
pour Paris devenue pour un soir grande capitale de l’art moderne. Important
pour le marché de l’art. Va-t-il, oui ou non, résister à cette crise qui nous
ronge et nous taraude depuis quelques mois déjà ?
A 19 heures ce soir les festivités commencent avec l’ « Art
impressionniste et moderne » : Picasso, Brancusi, Léger, Mondrian,
Calder et bien d’autres stars de l’art moderne vont s’offrir aux enchères d’une
salle pleine de 130 personnes assises auxquelles s’ajoutent 300 personnes debout
et cent autre au téléphone. Deux commissaires-Priseurs feront le relais en
milieu de salle. Des écrans télé permettront de mieux suivre les lots et les
enchères.
A la fin de ce premier volet, ils sauront si oui ou non, l’estimation
de 300 millions d’euros est atteignable ou pas. Suspense. Jusqu’à demain matin,
pour les premiers chiffres.
Ensuite, pour les 4 ventes à venir, de deux choses l’une :
soit l’enthousiasme aura été palpable dès ce soir et il le ne fera qu’augmenter,
propulsant les enchères à des niveaux inimaginables par les temps qui courent,
soit l’ambiance de ce soir aura été morose et plombera toute la suite, ne
laissant aucun doute quant au pouvoir dévastateur de cette crise, qui n’aura
pas plus laissé sa chance à la qualité, qu’au bon goût et la notoriété.