Andy Warhol - wharol tv-
à la Maison Rouge
du 18 février au 3 mai 2009
Warhol.... de Warhol, instantanément les portraits de Marylin Monroe, les soupes Campbell, les sérigraphies de la chaise électrique, le Velvet Underground... et tellement d’autres images et de faits que l’on connait du représentant majeur du Pop Art.
Que dire de nouveau, de plus, qu’écrire, que montrer qui ne l’ai pas déjà été ?
C’est ce que tente la Maison Rouge en ce moment, trouver la brèche non explorée et approndir un des aspects les moins connus de l’oeuvre et de la vie de l’icône, en l’occurence, ses apparitions, jeux et tentatives avec la télévision.
L’exposition se veut un énorme zapping. Elle est pour cela, uniquement composée d’écrans, isolés ou non, seuls ou multiples. Des titres, comme des chapitres, cataloguent les images projetées sous des catégories concernant les centres d’intérêts de l’artiste, tel que la mode, la publicité, les séries B... En dehors de cela, une très brève introduction à l’entrée; puis on est laissé libre dans ce parcours d’images, sans autre réelle information que celles, visuelles, qui s’agitent sur les écrans.
Dès l’entrée et l’attention portée sur les premières séquences, un brouhaha ambiant formé par les écrans, bourdonne et empêche la compréhension des dialogues (non sous-titrés pour la plupart). Un bruit de fond continu vient résonner dans l’espace et gêne l’audibilité des documents. Il en reste donc, une profusion d’images, de couleurs, où parfois Andy Warhol apparaît ; une plongée dans la télé des années 70, ses visages, ses mises en scènes, bien sur orientée dans l’univers de l’artiste, donc de l’art, de la mode... mais aussi des séries de cette époque qui l’ont inspiré.
Une ambiguïté se joue entre le réel et le joué. On ne sait pas ce qui à été réellement diffusé ou non, si les publicités sont vraies ou fabriquées. Il y a la réverbération d’une époque, les artistes qui apparaissent à l’écran, la musique, et l’atmosphère des images, mais il y règne aussi une étrangeté comme si cela n’était qu’une mise en scène. Cette sensation a été à son apogée, pour moi, au moment du visionnage de ‘The Last Show’, j’ai cru un bon moment que Andy Wharol avait mis en scène sa propre mort, ses ‘fifteen minutes of celebrity’ jusqu’à ce que je réalise que c’était la réelle oraison funèbre de l’artiste que j’étais en train de regarder.
Dans cette exposition, les images n’ont pas de réel statut, ajouter à cela, le concept de zapping, il en découle cette équivoque pour le spectateur, perdu entre bavardage confus du son et du sens, et beauté des images reflétant cet homme et son contexte.
Les choix de l’exposition ne semblent pas complètement assumés, comme si plusieurs personnes parlaient simultanément sans s’écouter.
Je me retrouve alors à me balancer, à ne pas savoir comment regarder les images, à me demander si je doit persévérer ou non pour tenter de comprendre ce qui est dit, ou laisser mon regard être porté par les images, sans autre but que l’empreinte de leurs défilé qui s’imprime dans la rétine et dans la mémoire, se reliant automatiquement à ce qui y est associé. Se mettre dans cet état, que la télé provoque parfois, de réception et d’une certaine passivité ; accumuler des informations visuelles mais pratiquement pas de savoir et dans le même temps percevoir dans ces mêmes images, cette ironie et ce jeu de l'artiste avec cet outil de diffusion de masse.
Je me demande alors comment sont pensées les expositions, par qui mais surtout pour qui? Tenter de faire des expositions qui conviennent au grand public et dans le même temps aux passionnés d’art ? Ce serait là, la réussite. Parvenir à faire découvrir avec talent des œuvres à ceux qui ne les connaissent pas encore, et mettre en scène intelligemment l’exposition afin d’apporter un regard nouveau au fin connaisseur, ou en tous cas, une belle mise en espace des œuvres.
Malgré quelques qualités, il me semble que cette exposition n'a atteint son but pour aucun des deux types de spectateur (il y a plus que deux types mais disons basiquement), et contenu de la qualité des documents présentés, il me semble que cela aurait pu être mieux réussi.