Marlène Mocquet, retenez bien
ce nom ! Le Musée d’Art Contemporain de Lyon consacre son troisième étage
à cette jeune artiste française sortie de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts en
2006. Deux pièces, au total 500 m², où le spectateur plonge dans une atmosphère
étrange aux allures de conte pour enfants. Ainsi, dans le monde de cette
nouvelle venue sur la scène artistique, les toiles sont colorées et remplies de
figures plutôt naïves. Mais ceci n’est que la première impression, une fois que
l’on s’approche des œuvres et que l’on étudie les cartels, alors une question
nous assaille : s’agit-il d’un conte pour enfants ou d’un cauchemar ?
Cette question reste à l’esprit
pendant toute l’exposition et un simple coup d’œil aux autres visiteurs
confirme ce sentiment. De même les enfants que j’y ai croisés semblaient se
délecter de ces toiles colorées alors que certains adultes paraissaient
horrifiés (pas tous heureusement), dérangés par l’étrangeté émanant de ce
travail pourtant remarquable.
Pour apprécier cette exposition
il faut accepter de perdre ses repères, de s’affranchir des normes, surtout en
ce qui concerne l’appréhension de l’espace et la représentation des formes.
Ainsi, dans son travail, Marlène Mocquet fait prendre vie à ses œuvres grâces
aux effets de matières et aux couleurs, en combinant les techniques, en
colonisant l’espace et en sortant des sentiers battus. Ce résultat elle
l’obtient en travaillant la toile à plat pour commencer puis en la redressant
pour observer l’état des couleurs et des figures qui en surgissent et y mettre
les touches finales, comme pour dompter les effets de matières et de couleurs.
Alors que sa peinture semble
n’avoir ni origine, ni d’influence on s’étonne de trouver au fil des toiles des
références à la culture visuelle. Ainsi, à plusieurs reprises, le visiteur
croisera Betty Boop, « Caliméro », « Le nain de
Velasquez », plus implicitement des pommes faisant penser à celles de
Cézanne ou un monstre aux allures de lapin de Walt Disney et d’une manière générale
une ambiance à mi-chemin entre la peinture de Jérôme Bosch et les mangas
japonais.
Bien que cette exposition soit
sa première exposition monographique, Marlène Mocquet a déjà participé à de
nombreuses manifestations notamment à la FIAC depuis 2006 sur le stand de la
Galerie Alain Gutharc et une de ses toiles a même été dispersée aux enchères
publiques par la maison de vente Artcurial en octobre 2008. Alors qu’on se le
dise, Marlène Mocquet va surement faire parler d’elle.