Gris
blanc beige noir.
Pierres
béton briques, fissures dans les murs.
Les
restes de couleurs sont celles, délavées, des papiers peints mal arrachés. Des
bouts de bâtiments, en construction ou à l’abandon. Oubliés, effrités, ils sont
pourtant le décor des villes et des banlieues que nous habitons ou que nous
traversons. Valérie Jouve les photographie, les imprime, les assemble et les
expose : la galerie Xippas
lui prête ses murs lisses et elle les recouvre de ses fissures.
La
matière de ces façades, la manière qu’à l’artiste de les photographier dans le
détail puis d’assembler ces détails, nous offre une approche très plastique de
la composition qui bascule dans une forme d’abstraction.
Ils
sont pourtant bien réels ces murs, ils portent les traces du temps, la
poussière de la ville. Et ce qui nous le rappelle avant tout sont les hommes et
les femmes qui intègrent ces images, quelque chose se construit aussi de leur
présence dans l’espace. Certes, ils ne sont pas très naturels, ils n’occupent
pas les lieux par hasard, leur regard est appuyé, la main sur la rambarde n’est
pas posée là inconsciemment, leur positionnement sent la chorégraphie, tout
comme celui des murs. Les personnes ont caractère de personnages et les façades
de décors, et pourtant leur juxtaposition crée du vrai. Les deux entités se
font échos, les murs ne sont pas le décor immobile des protagonistes en
mouvement. Les personnages sont aussi figés que les murs et les murs aussi
vivants que les gens, ils s’échangent, se recouvrent, se prêtent à tour de rôle
le premier ou l’arrière-plan.
Dans
le métro, le visage de cette femme est aussi fatigué que les vieux murs encore
debout. On se promène de rides en fissures, le temps comme le vent, passe et
modifie. C’est cette constante évolution que Valérie Jouve choisi de fixer par
la photographie.