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Alexandre Calder au Centre Georges Pompidou

Par A. de Chappedelaine Le 23/03/2009 à 08:41
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Cow, vers 1926 [Vache] Fil de fer, bois et ficelle 8,9 x 20,5 x 10,2 cm New York, The Museum of Modern Art, Gift of Edward M. M. Warburg DIGITAL IMAGE © 2009 courtesy of The Museum of Modern Art/Scala, Florence.

Cow, vers 1926 [Vache] Fil de fer, bois et ficelle 8,9 x 20,5 x 10,2 cm New York, The Museum of Modern Art, Gift of Edward M. M. Warburg DIGITAL IMAGE © 2009 courtesy of The Museum of Modern Art/Scala, Florence.

 

Alexandre Calder avait des mains d’or. Auxquelles s’ajoutaient une inventivité et une créativité débordante. Dès l’âge de 7ans, il transforme tout ce qui lui passe entre les doigts, donnant de la vie au moindre bout de ficelle, au moindre jouet de bois cassé. De lui, nous connaissons ses mobiles, dénommés ainsi par Marcel Duchamp, objets à la fois graciles, mouvants et élégants dont la note de couleur souvent rouge, jaune ou blanche nous frappe régulièrement de son empreinte indélébile.

Mais avant de créer ces œuvres en équilibre, Alexandre Calder sculpte. Pas en ronde-bosse, à la manière d’un Michael-Ange ou d’un Auguste Rodin. Pas la glaise, le bois, ou le marbre. Alexandre Calder courbe, tord, plie, de ses doigts magiques, le fil de fer pour composer animaux, personnages et masques. Curieuses sculptures linéaires, faites de vide, de mobilité et d’humour. Il ne se contente pas d’en évoquer la forme, la silhouette. Il dote ses personnages de cheveux, de mains, de pieds, de seins pour les femmes, de sexe pour les hommes. Ses portraits, ou masques, relèvent de la caricature, à la fois poétique et pertinente.

 

Ses modèles sont Kiki de Montparnasse, Joan Miro, Amédée Ozenfant, Joséphine Backer, les artistes et intellectuels que compte le tout Paris des années 30 et dont il fait ses amis.

Car Alexandre Calder, Américain d’origine, commence sa carrière dans la capitale française. Il a 27 ans quand il y arrive en 1926, avec un double diplôme d’ingénieur et d’artiste. Il est alors peintre illustrateur. Lorsqu’il regagne son pays natal sept ans plus tard, c’est un sculpteur, de génie. Créateur d’une sculpture qu’il a complètement réinventée et qui transcende un public averti. En effet, tout commence à Paris avec la mise en scène de ce qu’il  nomme le « Cirque Calder », cirque miniature et mobile, dont il conçoit chaque personnage, chaque animal, chaque attribut, à l’aide de matériaux de récupération qu’il lie avec du fil de fer et qu’il met en mouvement lui-même.

Ses acrobates, son avaleur de sabre, sa danseuse du ventre, son cow-boy dresseur de chevaux comme ses lions et ses éléphants sont aussi singuliers que vivants et attirent cette société d’artistes et d’intellectuels, qui se pressent, nombreux, pour assister aux représentations qu’il donne du « Cirque Calder », véritable performance, originale et technique, brillante et singulière.

C’est cette période que nous présente l’exposition du Centre Pompidou, ces années parisiennes, déterminantes dans sa carrière d’artiste.

L’exposition, chronologique, débute avec la présentation du cirque et de sa centaine de petits acteurs, qui, posés sur une cimaise circulaire, s’offrent au public qui tournoie autour de lui et peut ainsi le découvrir, en percevoir les moindres détails.

Viennent ensuite les personnages, les animaux et les masques en fil de fer qui se découpent sur les parois des salles, grands volumes ajourés et immaculés, jouant avec leurs ombres et dédoublant l’œuvre géniale qui semble danser sur des airs de Joséphine Baker apparaissant à l’écran.

Nous sommes alors en 1930 et Alexandre Calder commence à passer de la figuration à l’abstraction, créant des compositions géométriques et colorées, quelque fois motorisées. Il est proche alors du répertoire formel de Mondrian, de Jean Hélion et rejoint le groupe Abstraction-Création en 1931. La dernière salle du haut nous montre comment, plus tard, il s’en éloigne, pour revenir à des formes moins géométriques, plus primitives, retrouvant le travail du bois, qu’il avait mis de côté depuis ses premiers animaux (1933).

L’exposition du Centre Pompidou est nourrit de nombreux documents sur l’artiste : photos de lui-même enfant et sa famille, croquis, vidéos, le représentant actionnant ses petits personnages du cirque, déjà âgé mais encore tellement attentif, tel un enfant, à ne pas se tromper, à capter l’attention, à toujours charmer, séduire….et j’ai envie de dire, en 2009, à ce géant de l’art, de ne surtout pas s’inquiéter, que même 80 ans plus tard, le magicien aux mains d’or qu’il a été continue à nous charmer, nous séduire, nous émerveiller, nous étonner, faisant vibrer en nous de nombreuses cordes de sensibilités différentes : artistique certes, mais aussi enfantine, technique et esthétique. Et j’ai aussi envie de lui dire… merci !

 

Rendez-vous dans la rubrique Evénements pour les détails pratiques de l'exposition.

 

Pour en savoir plus
Par A. de Chappedelaine Le 04/03/2009 à 17:09
Moyenne :

Joséphine Baker IV, vers 1928 Fil de fer 100,5 x 84 x 21 cm Paris, Centre Pompidou, don de l’artiste, 1966 © Adagp, Paris 2007

Lieu : Centre Pompidou, Paris

Période : Du 18 mars 2009 au 20 juillet 2009

L'exposition du Centre Pompidou recouvre les années 1926-1933, années pendant lesquelles l'artiste, venu des Etats-Unis et agé de 27 ans, découvre son propre vocabulaire artistique.Il est alors peintre et illustrateur. Lorsqu'il repart en 1933, il est l'un des plus grands sculpteurs du XXème siècle. Pendant ces années parisiennes, il créera son premier chef d'oeuvre, Le Cirque, assemblage d'objets tenus par du fil de fer, aujourd'hui au centre de l'exposition qui lui est consacrée.

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