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Orsay/Hébert : Hommage aux Abruzziens

Par A. de Chappedelaine Le 10/04/2009 à 11:22
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Ernest Hébert (1817-1908)Les fienaroles de Sant'Angelo vendant du foin à l'entrée de la ville de San Germano1854Huile sur toileH. 50 ; L. 75 cmParis, musée national Ernest Hébert© RMN / Franck Raux

Ernest Hébert (1817-1908)Les fienaroles de Sant'Angelo vendant du foin à l'entrée de la ville de San Germano1854Huile sur toileH. 50 ; L. 75 cmParis, musée national Ernest Hébert© RMN / Franck Raux

Dans la veine de son exposition « Voir l’Italie et mourir », le Musée d’Orsay consacre une exposition au peintre Ernest Hébert (1817-1908), mort il y a 100 ans, passionné par l’Italie et les œuvres que lui ont inspirées ce pays. Le nom de cette exposition : Italiennes modèles – Hébert et les paysans du Latium.

 

Ernest Hébert nait à Grenoble en 1817, rien ne le prédestinant à la peinture. Son père est notaire et pense à son fils pour reprendre l’étude notariale. Mais Ernest a du talent et choisira la voix artistique. Formé par l’Ecole des Beaux-arts de Paris, deux fois directeur de l’Académie de France à Rome, très remarqué au Salon de 1850,  portraitiste recherché de la haute société parisienne, il préfère cependant les sujets que lui inspire la vie paysanne, plus forts et plus profonds.

 

Il fait de longs périples en Italie, étudiant les habitants des provinces les plus reculées, les représentant avec réalisme et profondeur, leur restituant cette fierté orgueilleuse qui les distingue et les rend si attachant. On sent à travers l’étude de ces personnages combien il les respecte, combien il les admire. Ce ne sont pas des scènes de genre qu’Ernest Hébert  représente mais de véritables portraits psychologiques, sans sentimentalisme ni romantisme. Beaucoup d’aquarelles de visages, d’études de gestes ou d’attitudes, d’hommes ou de femmes en costume traditionnel, au travail, beaux et altiers. Sa palette est franche et profonde.

Des photos, également, daguerréotypes ou calotypes de ces hommes et de ces femmes, campent le contexte de son travail dans la péninsule, et de la vie qu’il y mène.

Il écrit alors de ces paysans des Abruzzes : « Il est  vrai que je suis partout impressionné par les têtes aux regards profonds et froids qu’on ne trouve que dans les pays du soleil, la misère y a des accents de fierté et de calme antique inconnus chez nous ».

 

Alors qu’aujourd’hui, vendredi 10 avril, l'Italie entière est en deuil, que les habitants des Abruzzes enterrent leurs morts, comment ne pas être extrêmement ému par ce qu’il écrit sur leurs ascendants, ceux-là même qui lui inspirèrent cette œuvre, dont les commissaires d’exposition disent qu’elle atteint là-bas « une maturité rayonnante ».

 

Bel hommage rendu par le Musée d’Orsay à un peintre trop peu connu, bel hommage d’un peintre à un peuple aujourd’hui confronté aux conséquences fatales d’une nature, certes belle et orgueilleuse, mais capricieuse et indomptable.

 

 

 

Pour en savoir plus
Par A. de Chappedelaine Le 14/04/2009 à 15:26
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Ernest HébertLes filles d'Alvito© RMN / Franck Raux

Lieu : Musée d'Orsay, Paris

Période : Du 07 avril 2009 au 19 juillet 2009

Le musée Hébert de Paris et celui de la Tronche rendent hommage à ce peintre, mort il y a 100 ans. Ils ont choisi de mettre en avant l'œuvre que lui a inspiré le monde paysan italien. Ernest Hébert a fait de multiples voyages dans la péninsule italienne, retrouvant certainement au milieu des habitants des Abruzzes un peu de l'atmosphère montagnarde de son dauphiné natal. L'exposition nous présente à travers photographies d'époque, aquarelles, études préparatoires et peintures, toute la richesse de l'oeuvre de ce peintre.

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