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L'héritage d'Helen Levitt

Par A. de Chappedelaine Le 19/04/2009 à 20:05
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New York, circa 1940, © Helen Levitt. Courtesy Laurence Miller Gallery and/or powerHouse Books.

New York, circa 1940, © Helen Levitt. Courtesy Laurence Miller Gallery and/or powerHouse Books.

Alors que s’est ouverte le 27 mars la première exposition parisienne consacrée aux  TAGS, s’est éteinte le 29 une éminente photographe du XXème siècle.

 

Helen Levitt est née en 1913 à Brooklyn et quand elle achète son premier Leica, en 1936, c’est justement afin de photographier ces dessins éphémères faits à la crée dans les rues de New-York, graffitis de l’époque. Ces dessins qui l’intriguent tant sont fait par des enfants. Elle fait d’eux son sujet de prédilection. Elle les photographie dans leur décor, les rues d’East Harlem, de Brooklyn ou du Lower East Side, en noir et blanc d’abord, puis en couleur, à partir des années 60. Elle se fait le témoin de leurs jeux, de leurs bagarres, de leur insouciance et de leurs luttes pour vivre au sein de cet univers.

Ses photos reflètent la réalité de leur existence. Elles sont dures, poétiques, drôles, singulières ou originales, toujours terriblement pertinentes et réalistes, sans fioriture ni mièvrerie.

Hormis un long voyage au Mexique dans les années 40, Helen Levitt passe l’intégralité de son existence à Manhattan, voyageant peu, sortant peu, communiquant peu, même à l’apogée de sa carrière. Car l’artiste-photographe connaît le succès de son vivant. Cela ne l’a trouble pas. Elle côtoie les meilleurs, travaille avec les plus grands, Cartier-Bresson, Walker Evans. Elle reste fidèle à sa manière d’être, discrète et humaine, professionnelle et modeste.

 

Helen Levitt rencontre Henri Cartier-Bresson en 1935, alors qu’il prépare une exposition à New-York avec Walker Evans et Manuel Alvarez Bravo. Pour elle c’est un choc, elle ne photographie plus rien pendant un an, elle s’imprègne du travail de Cartier-Bresson, le suit, reçoit de lui un cliché. Elle a commencé la photo quatre années auparavant, en autodidacte. C’est alors une passionnée de culture, de musées, de culture noire, de jazz, de films. En 1936, forte de cette rencontre, elle réalise ce qu’elle appelle ses premières « vraies photos ». Sujets urbains et enfantins qu’elle montre à une autre star de la photographie, Walker Evans.

Deux rencontres, deux années déterminantes.

 

Puis viendront les publications, les expositions ou rétrospectives, pas n’importe où : au MOMA de New-York en 1943, à celui de San Francisco en 1991.

En France aussi, en 2007 à la fondation Cartier-Bresson.

Cette grande dame de la photo s’en est allée, laissant pour orphelins ces enfants des rues qu’elle a photographié avec tendresse et humour et puis aussi tous les autres, ceux qui n’ont pas vécu dans les rues New-Yorkaises des quartiers pauvres, mais que son œuvre à touchés.

 

 

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