Comment retracer le temps d’une exposition l’un des
mouvements musicaux les plus importants du XXè siècle?
C’est ce que nous propose le musée du quai Branly au
travers la présentation de plus de 1000 œuvres, nous démontrant ainsi
l’influence du jazz sur tous les autres arts, de la peinture à la photographie,
en passant par le cinéma et la littérature, sans oublier les arts graphiques.
Et c’est dans une véritable « cacophonie »
sonore et visuelle que j’entrepris mon voyage initiatique en tant que jeune
néophyte de la culture jazz. Véritable étude anthropologique, l’exposition se
construit chronologiquement autour d’une sorte de fil conducteur matérialisé
par une longue vitrine présentant les moments les plus importants de l’histoire
du Jazz. Autour de cet axe, une dizaine de sections développent ces temps
forts, depuis la naissance dans les rues de la Nouvelle-Orléans jusqu’aux
années 2000, aussi bien en Europe que sur le continent américain de part la
présentation d’une multitude d’œuvres plastiques et sonores.
Je me suis ainsi surprise à regarder en boucle des
extraits cinématographiques tels que « Ascenseur pour l’échafaud » de
Louis Malle, pour m’extasier quelques secondes plus tard sur des affiches des
Black Panters, puis sur les œuvres imprégnées de Black Music de Jean-Michel
Basquiat et des pochettes d’album de Sun Râ.
C’est que cette exposition ne retrace pas seulement
l’histoire d’un genre musical, mais aussi et surtout l’histoire de tout un
peuple issu d’un métissage culturel réunissant des sources africaines,
américaines et européennes, qui a bouleversé les modes de vie et de pensées de
l’époque.
Outre l’aspect social, cette exposition m’a également
permis de découvrir différents artistes peu connus en Europe, mais célébrés aux
Etats-Unis. Des chanteurs, mais aussi des artistes afro-américains tels que le
peintre Romare Bearden ou le photographe Carl van Vechten, issus du mouvement
Harlem Renaissance, peu développé en Europe.
Ce foisonnement d’œuvres hétéroclites m’a fait voyager le
temps d’une ballade dans près d’un siècle de culture musicale, mais si le XXè
siècle est considéré comme celui du jazz, je ne pense pas que le XXIè en
marquera la fin car plus qu’une mode, c’est l’histoire d’un peuple et plus
largement d’une pensée que le jazz représente, sans distinction d’origines.
A noter, différentes activités autour de l’exposition sont
proposées au public, telles que conférences, concerts, cycle de cinéma
« Le siècle du jazz » et salon de lecture.