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Marc Riboud au Musée de la Vie Romantique

Par Elsa Lambert Le 26/04/2009 à 09:37
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Japonaises et jeux de mains (inédit), Tokyo 1958 © Marc Riboud

Japonaises et jeux de mains (inédit), Tokyo 1958 © Marc Riboud

Ravi au charivari de la rue, le Musée de la Vie Romantique est un lieu de retraite encalminé dans la confidence de la ville. Une courte allée, d'abord. Un petit jardin fleuri dans une cour carrée, ensuite. Passée la porte de l'hôtel Scheffer -atelier du peintre Ary Scheffer (1795-1858)- les parfums printaniers des glycines et des lilas fânent, finalement. On pénètre alors dans une petite pièce dont les murs rouge sombres font songer au velours qui tapisse les boites à bijoux.

Dans cet écrin, une exposition est consacrée au phographe Marc Riboud jusqu’au 26 juillet. L'Instinct de l'Instant présente 110 photographies, une majorité de vintage noir et blancs inédits que Marc Riboud a prise sur une durée de cinquante ans environ. Membre de l'agence Magnum, ce voyageur infatigable a consacré la majeure partie de son existence au photo-journalisme. De l'Afghanistan aux Etats-Unis, du Japon au Maroc, le monde semble se peindre, toujours à mi chemin entre les vies minuscules des hommes ordinaires et la démesure des grands hommes.
Ainsi, les portraits de Churchill illuminé par un sourire et de Yves St-Laurent figé dans l’instant de la réflexion se mêlent à ceux d’ouvriers cubains et croisent, entre autres, la photographie d’un homme allongé au bord d'un étang, rendu tout petit par l’effet de plongée et par la grandeur du paysage qui le berce. C'est William Klein.

Des coups d’œil de Riboud, on se souvient évidemment du fameux Le peintre de la Tour Eiffel (1953) dont le personnage semble esquisser un pas de danse avec la dame de fer. Mais ici, ce n’est pas la version la plus connue de ce ballet entre l’ouvrier et le symbole national qui est exposée, mais un inédit, où le peintre est cette fois attelé à sa tâche. Connue encore, Une jeune fille à la fleur (1967), qui montre une militante pacifiste défiant les baillonnettes de l'armée lors de La marche pour la paix au Vietnam, se mêle à des tirages encore jamais exposés. Des inédits, dispersés au long des cinquante ans de carrière de Riboud dans des agences de presse, et qui témoignent aujourd’hui de la richesse de la production d’un «  homme (qui) n’était pas là pour découper le monde en tranches saignantes, pour provoquer, de photo en photo, tel ces « chocs » qui bouleversent et attirent le chaland. Chacun d’entre nous, compagnon d’un instant ou d’une semaine, savait que Marc n’avait en tête, et au cœur, que la découverte et le déchiffrement des signes de l’unité du monde » explique son ami journaliste Jean Lacouture dans le catalogue d’exposition.

Noir et blanc ou couleur, portrait, paysage ou scène de vie, celui dont Cartier-Bresson aimait à dire qu’il était né avec un compas dans l’oeil tente de révéler cette « unité du monde » via un travail de cadrage exigent qui parvient à capturer l’en dedans de l’histoire. Trame essentielle de la recherche du photographe, la géométrie se répète de cliché en cliché, sans jamais prendre le pas sur l’instant qu’elle saisit.

Retour aux parfums entêtants, retour à la petite cour carrée et à la courte allée, retour à la boîte à bijoux parisienne. Je garde à l'esprit l’un des plus beaux clichés de l’exposition à mon sens : Japonaises et jeux de mains (1958) où le ballet des mains de mannequins et d’une Japonaise se confondent. A elle même, cette photographie porte tout le brio de l’artiste. En ciselant le réel à coup de pellicule, Riboud parvient à en révéler l’essence.

Pour en savoir plus
Par Lou W. Le 26/01/2009 à 11:47
Moyenne :

Le peintre de la Tour Eiffel, Marc Riboud

Lieu : Musée de la Vie romantique, Paris

Période : Du 03 mars 2009 au 26 juillet 2009

Une centaine de clichés, dont beaucoup de tirages inédits, nous emmènent dans le monde de Marc Riboud. Du portraitiste qu'il a été dès le début de sa brillante carrière au reporter engagé qu'il fut en Chine, cette exposition nous en dit plus sur cet homme au regard à la fois humaniste, poètique et néanmoins toujours lucide.

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