Conçue comme un cheminement à travers un ensemble de 250
œuvres de toutes périodes confondues, l’exposition « Une image peut en
cacher une autre » nous propose d’entrer dans un univers onirique entre le visible et
l’invisible, la perception et l’imagination, et présente la récurrence du thème
de la double image dans toute l’histoire de l’art, occidentale et orientale.
Ainsi, je me suis retrouvée à l’affût de la moindre
ambiguïté visuelle en parcourant les 21 sections classées par thèmes qui
composent l’exposition. A travers des sujets tels que le paysage
anthropomorphe, la sexualité, l’illusion spatiale, la religion ou la politique,
l’exposition se conçoit comme un vaste espace ludique dans lequel le visiteur
doit tenter de déceler un message caché, un double sens exécuté sciemment par
l’artiste.
Les genres se mélangent, la nature morte devient portrait
avec Arcimboldo, la vision se déforme et perd ses repères dans les structures
architecturales d’Escher et les anamorphoses de Markus Raetz, le langage
devient image, la représentation devient interprétation. Notre perception est
donc mise à rude épreuve, et parfois, certains doubles sens nous échappent totalement
jusqu’à ce qu’un petit garçon de 5 ans se plante devant nous pour montrer à son
papa le joli « canard-lapin » de James Coleman que nous tentions de
discerner depuis quelques minutes.
Au fur et à mesure de la visite, nous
devenons de plus en plus actifs et l’on voit des images cachées partout,
jusqu’à se demander s’il s’agit réellement d’un double sens, si celui-ci est
volontaire ou non de la part de l’artiste, naturel, ou peut-être seulement un
mauvais tour de notre propre perception des choses. La visite n’est alors pas
loin de devenir philosophique !
De Mantegna à Dali, des Images d’Epinal en passant par les
miniatures Mogholes, l’exposition « Une image peut en cacher une
autre » constitue un
merveilleux parcours ludique parmi des œuvres célèbres que l’on ne se
lasse pas d’admirer.