Il fallait débourser quelques millions d’euros pour s’offrir
un tableau ou une aquarelle de Raoul Dufy, la semaine dernière, chez Artcurial,
lors de la dispersion de la collection de Gérard Oury, et certains n’ont pas
hésité !!! Les américains étaient là, les anglais, les libanais, les
russes, les japonais aussi, et les français bien sûr, au télaphone ou dans la
salle, noire de monde, suspendue au marteau de Francis Briest.
En chiffres, cela représente un total vendu de 6,535
millions d’euros, pour une estimation de 4,35 millions. En volume, 84 % des
lots ont trouvé preneur.
La conclusion se fait d’elle-même et d’aucuns l’ont déjà
tirée : le marché de l’art résiste bien, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un
ensemble d’œuvres, de qualité, inédites sur le marche de l’art et ayant, de
plus, appartenu à un personnage connu.
La plus belle enchère revient à une toile datant des années
1907-1908, intitulée « Barques et bateaux à Martigues », adjugée
560 000 € au marteau. Belle enchère également, de 460 000 €, pour un
tableau issu de sa série des paddocks « Scène de pesage » et datant
de 1949. Quant à la « Visite de l’escadre anglaise au Havre », très
attendue, elle s’envolait à 380 000 €.
Du côté des œuvres sur papier, l’aquarelle et gouache
« Nature morte au jardin de Saint-Emilion » s’envolait à
198 810, frais compris, sur une estimation de 30 à 40 000 €, ce
résultat se passant de tout commentaire.
Mais il n’y avait pas que des Dufy dans la collection de
Gérard Oury et tandis que les œuvres de Jacques Villon, Gromaire, Robert
Couturier tiraient magnifiquement leur épingle du jeux, la bibliothèque
attirait également les amateurs, qui n’ont pas hésité à enchérir jusqu’à
19 900 € pour treize lettres autographes de Raoul Dufy à Marcelle Oury, la
mère de Gérard et initiatrice de la collection (voir article : …).
Enfin le mobilier clôturait la vente de la collection et là
aussi, les enchères étaient de taille ! Preuve en est la table à écrire d’époque
Louis XVI, estampillée par Roger Van Der Cruse dit Lacroix, l’un des ébénistes
les plus réputés du XVIIème siècle, qui s’envolait à 25 300 €.
Il faut avouer que depuis le début de l’année 2009, le
marché de l’art n’en finit plus de nous emmener de dispersions en dispersions
de collections, et non des moindres. De hautes qualités, de haut pedigree,
elles contribuent à maintenir le marché de l’art français en forme en des temps
pour le moins incertains. Un exemple nous en a était donné il y a encore quelques
jours avec la vente de la collection Jean Marais dont les résultats se sont
révélés, également, bien au-dessus de ceux qui en étaient attendu.
Alors souhaitons que nous continuions à être séduits, encore
et encore, par les collections, leurs auteurs et les passions qu’elles
suscitent. A nous cela ne nous coute rien et nous fait voyager avant, nous
transporte pendant et nous satisfait, ensuite. Par les temps qui courent, c’est
déjà beaucoup !!