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Juliette Récamier muse et mécène

Par MARIE PREVOT Le 06/05/2009 à 10:30
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Joseph Chinard, Juliette Récamier, 1805-1806, buste, marbre, Lyon, musée des Beaux-Arts

Joseph Chinard, Juliette Récamier, 1805-1806, buste, marbre, Lyon, musée des Beaux-Arts

 

Le Musée des Beaux Arts de Lyon nous présente actuellement le destin de la « Merveilleuse » Juliette Récamier, femme d’esprit  et de goût née à Lyon en 1777.

 

Plutôt qu’un portrait, l’exposition propose d’explorer ce personnage à travers son rapport aux arts, d’étudier sa personnalité en fonction de sa passion à la fois pour les Beaux-Arts, l’ameublement, la décoration intérieure et les costumes. Le premier tableau de l’exposition, La chambre de Madame Récamier à l’Abbaye-aux-Bois peint par François-Louis Dejuinne en 1826,  résume ceci à la perfection. Dans cette huile sur toile, de petite dimension, Juliette Récamier apparaît à la fois en tant que modèle d’un portrait, collectionneuse par les œuvres disposées autour d’elle, femme d’esprit par la bibliothèque, musicienne par la harpe et surtout femme de goût par son attention à la mode et au décor intérieur.

 

Juliette Récamier  aura fait preuve d’une grande modernité dans son approche des différents champs artistiques en les mettant au service d’une image, la sienne. Et des images, il y en aura de nombreuses, puisqu’elle fut le personnage le plus représenté de son époque.

 

C’est à travers ses portraits peints et ses bustes sculptés des premières salles consacrées au « visage de Juliette », que l’on plonge en plein cœur du XIXe siècle et du Néoclassicisme. Muse, elle apparaît surtout ici comme commanditaire et collectionneuse. Apportant ainsi son soutien aux artistes de son temps. Les plus célèbres portraitistes tels les peintres Jacques-Louis David et François Gérard ou le sculpteur lyonnais Joseph Chinard seront sollicités. Quelques années plus tard, elle inspire également le grand artiste italien Antonio Canova avec qui elle nouera d’étroits liens d’amitié. Mais cette amitié ne mettra pas le plus célèbre sculpteur européen de sa génération à l’abri de la critique de la belle lyonnaise, qui  ne se reconnaîtra pas dans la série de têtes idéales qu’il fera d’elle et que l’on admire ici avec délectation. Ainsi, Juliette Récamier sera rarement satisfaite de ses portraits, Jacques-Louis David, dont la réputation n’est alors plus à faire, se heurtera également au désir de contrôle de son modèle. Le portrait qu’elle lui avait commandé restera inachevé et ce sera son élève, François Gérard qui mènera le projet à bien.

 

Plus loin dans l’exposition, le spectateur découvre une autre facette du désir de Juliette Récamier de maîtriser son image grâce à la mode, usant des codes vestimentaires de son temps pour devenir un modèle d’élégance adulé et copié. Grâce à une ravissante collection de robes et d’accessoires, on imagine Juliette, apparaître en public, toujours vêtue d’une robe de coton blanc, de petites chaussures plates, d’un châle dans les tons jaune ou ocre, d’un voile en mousseline, le tout accessoirisé de perles. Son décolleté profond et le jeu de transparence des tissus créant une suggestion érotique,  assurance de ne pas passer inaperçue. 

 

Juliette Récamier fera ainsi sa place dans la société frivole du Directoire. Poussée par sa mère, elle reprendra le salon de cette dernière fréquenté par des hommes de lettres, des lyonnais de passage et autres gens du monde. Son salon prendra rapidement de l’ampleur et comme nous l’illustre le deuxième étage de l’exposition, abandonnera son caractère mondain pour prendre une orientation littéraire sous l’impulsion de ses amis écrivains tels que Germaine de Staël puis de François René Chateaubriand. Sociabilité et amitié sont au centre de la vie de Juliette.

 

L’espace suivant est consacré aux décors et à la collection de Madame Récamier. En 1798, au sommet de leur puissance financière, les époux Récamier emménagent à L’Hôtel de la rue du Mont-blanc, dans le quartier très prisé de la Chaussée d’Antin. Le couple, fait appel à l’architecte Louis Martin Berthault pour le décor, ainsi boiseries, tentures, mobilier créent un ensemble harmonieux dont un lit et un chevet estampillés Jacob Frères sont présentés ici.

 

L’Hôtel particulier devient un véritable laboratoire du goût nouveau à l’antique et par le succès des ses aménagements intérieurs, Juliette Récamier, devient également source d’influence en matière de décoration. Même après avoir subi un revers de fortune, l’obligeant à emménager dans un deux pièces situé au deuxième étage du couvent de l’Abbaye-aux-Bois, Juliette Récamier conservera ce souci du détail et de l’accueil dans un intérieur au décor raffiné, comme en témoignent ici son mobilier de salon et sa vaisselle aux monogrammes et liserés dorés.

 

Toute sa vie Juliette Récamier restera égale à elle-même, conservant le même style et  son goût pour le néoclassicisme, passionnée d’art en général et ne renonçant pas aux portraits.  Ainsi, la dernière salle nous offre un portrait de cette femme à cinquante ans résolument moderne dans sa manière de véhiculer son image. Devenue une véritable icône surtout grâce à ses portraits dont le plus célèbre, celui de David, conservé au Louvre sera réinterprété dans l’œuvre de Magritte, le surréaliste, Perspective, Madame Récamier de David qui termine avec perfection cette exposition.

 

Pour en savoir plus
Par A. de Chappedelaine Le 17/04/2009 à 11:45

Lieu : Musée des Beaux-Arts de Lyon, Lyon

Période : Du 27 mars 2009 au 29 juin 2009

Juliette Récamier, neé à Lyon en 1777, fut une personnalité féminine phare du début du XIXème siècle. Elle fut à la fois modèle, commanditaire, collectionneuse, initiatrice d'un goût nouveau…sa personnalité a de tout temps attiré et intrigué. Influente dans le milieu artistique, le Musée des Beaux-Arts de Lyon propose, à travers cent soixante dix-oeuvres, de se faire une idée de la personnalité de cette femme et de son influence réelle, notamment en matière artistique.

Commentaires

 
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bozzarts 18/06/2009 à 19:46

Plus que quelques jours pour aller voir l'exposition au musée des beaux-arts de Lyon. Pour en savoir plus : bozzarts.hautetfort.com

A bientôt !

bozzarts