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Henri Rivière ou la couleur au fil de l'eau

Par Marianne Bordreau Le 13/05/2009 à 08:29
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Henri Rivière, Etudes de vagues, Treboul , 1892. 23,3 x 34,3, Gravure sur bois

Henri Rivière, Etudes de vagues, Treboul , 1892. 23,3 x 34,3, Gravure sur bois

 

 

 

 La BNF propose en ce moment des expositions de qualité : outre le très attendu Controverses, elle met en avant le travail d’Henri Rivière (1864-1951) en présentant deux cents de ses œuvres : gravures, lithographies, eaux-fortes, aquarelles. Tant de modes d’expression qui rappellent que Rivière est avant tout coloriste. La couleur est le fil conducteur de ses travaux ; elle est particulièrement saisissante dans la série d’aquarelles de Loguivy (1901-1906), présentée dans la section nommée « La révélation de la Bretagne et de l’art japonais ». L’importance des débuts de l’artiste en tant que créateur du théâtre d’ombres, qui lui permet de réaliser les décors de nombreux spectacles, est bien montrée dans l’exposition : il prend conscience, dès 1887, de l’importance des effets chromatiques des décors d’arrière-plan et se focalisera dessus. Tant et si bien que cela donnera lieu à la reproduction lithographiée, en couleurs, des tableaux de ses spectacles. Il cherchera alors, aux alentours de 1890, à convertir cette passion de la couleur dans ses gravures sur bois. Passion largement transmise par la virtuosité des panneaux du Pardon de Sainte-Anne-la-Palud, qui semblent être un aboutissement de ses recherches chromatiques et formelles.

Également, la couleur a une teneur particulière dans ses estampes car l’artiste, respectueux des techniques de gravure japonaise, réalise lui-même le broyage des couleurs diluées à l’eau, tout en réalisant l’impression à la main. Ainsi, les deux séries La mer, études de vagues (1890-1892), et paysages bretons (1890-1894) montrent parfaitement quelle maîtrise il peut avoir d’une méthode ancestrale. Il rend pour une grande part hommage à Hokusaï, en le démontrant directement dans une série de trente six vues de la Tour Eiffel, en référence aux trente six vues du mont Fuji réalisées par le maître japonais.

Par ailleurs, l’exposition permet de saisir les étapes du travail de l’artiste. Par exemple, les épreuves intermédiaires de Balise sur le Trieux (1909) sont au nombre de quatre, et le public peut saisir le paysage de ses débuts à son achèvement. Cette exposition rappelle bien l’importance des travaux préparatoires et intermédiaires qui permettent à l’artiste de développer une vision précise du moindre détail. L’intérêt des études prend un sens tout particulier dans ses Déclinaisons des bosquets à Loguivy, dont le tracé lithographié, imprimé en gris, a servi de support à ses quatorze versions aquarellées, qui traduisent les différentes atmosphères régnant dans la flore bretonne.

Moins intéressantes sont les dernières sections consacrées à des lithographies purement décoratives, bien que l’artiste abandonne le format du livre. Décoration d’espaces privés et publics guident sa création, pour être finalement mis en boîte par l’illustration de séries de calendriers imprimés par Verneaux. Le côté trop détaillé, voire sibyllin des œuvres font regretter ses paysages précédemment épurés.

 

 

Pour en savoir plus et visualiser les œuvres d’Henri Rivière, il est possible de consulter le site officiel de l’artiste, riche en iconographie : www.henri-riviere.org

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