La céramique, pratiquée depuis l ‘Antiquité au Japon,
représente l’un des arts majeurs de la culture nippone.
Témoin privilégié des évolutions sociales, techniques et
esthétiques, elle n’a cessé d’influencer les occidentaux et d’inciter à la
reproduction, comme ce fut le cas pour la fabrication de la porcelaine.
L ‘exposition « Résonances
contemporaines : 25 céramistes contemporaines » présentée au Musée National de la
céramique à Sèvres fait suite à « Toji, avant-garde et tradition de la
céramique japonaise contemporaine » présentée en 2006, qui retraçait l’évolution de la
céramique au Japon de 1950 à 2000.
Cette nouvelle exposition nous fait désormais découvrir le
travail de 25 femmes céramistes reconnues dans un milieu particulièrement
masculin.
Il faut souligner qu’autrefois, la céramique était le
résultat d’un travail collectif réalisé durant les périodes d’inactivité
agricoles. Les tâches étaient alors particulièrement définies pour chacun. Le
façonnage et la cuisson étaient l’apanage des hommes alors que la préparation
des couvertes (terme général pour désigner l'enduit vitrifiable posé sur la céramique
pour la rendre imperméable et brillante) et la pose des décors étaient réservés
aux femmes.
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, des ateliers
individuels appelés « pottery studio » firent leur apparition, mais
étaient tenus essentiellement par des hommes.
Il fallut attendre 1957 pour qu’une femme, Asuka Tsuboi (née
en 1932) crée la première association japonaise des femmes céramistes.
Nous découvrons donc dans cet espace d’exposition les
créations de 25 femmes aux univers très différents, avec des pièces
majoritairement en grès ou porcelaine.
L’art céramique perdure, mais se libère de ses formes,
brisant les règles établies pour traduire un nouvel essor, tant dans la
création que dans la société actuelle.
Des pots délicats en forme de fleurs de Kyo Tsuji aux
formes sensuelles de l’installation « Hips Parade » de Yuriko
Matsuda, cette exposition est une explosion de traitements de matières, de la
surface lisse à l’aspect organique, exprimant la finesse, la sensualité et
parfois la violence de ces femmes et plus largement d’une société en pleine
mutation.
Les Mangas, autre marque prédominante de la culture
nippone sont aussi représentés en ouverture de l’exposition par une gigantesque
installation en porcelaine de Kimiyo
Mishima.
Cette exposition témoigne des échanges particuliers
artistiques et culturels tissés avec le Japon. Conçue avec le musée
contemporain d’Art Céramique, The Shigaraki Ceramic Cultural Park, au Japon,
elle poursuivra son itinéraire aux Etats-Unis, Californie et Hawaï.