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Les primitifs italiens, vue sur la collection d'Altenbourg

Par Marianne Bordreau Le 25/05/2009 à 18:40
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Les primitifs italiens, vue sur la collection d'Altenbourg

Les primitifs italiens, vue sur la collection d'Altenbourg

 

S'enorgueillissant d'être la première manifestation du genre rassemblant 180 panneaux italiens du XIIIème au XVème siècle, l'exposition de peinture primitive italienne provenant de la collection d'Altenbourg (1) a trouvé un écrin parfait en se montrant au Musée Jacquemart-André. Le lieu expose en effet de manière permanente des chefs-d'œuvre italiens, datés du quattrocento : on peut déjà y voir des œuvres de Mantegna ou Bellini. Egalement, du côté du marché de l’art, seule la galerie G.Sarti reste spécialisée en oeuvres provenant de primitifs italiens.

L'innovation technique principale des primitifs italiens est le passage de la peinture murale à la peinture sur bois amovible. Les artistes, alors considérés comme de simples artisans, répondent plastiquement aux commandes qu'on leur passe: c'est pourquoi, y compris dans cette exposition, les sujets représentés tiennent tous du domaine religieux (2). Les panneaux montrés, que Von Lindenau acquiert en seulement dix ans, proviennent par ailleurs des écoles concurrentes de Sienne et de Florence. Sienne s'affiche, lors de cette période dite « gothique », comme lieu d'expérimentation artistique majeur dans un contexte particulièrement fécond. Von Lindenau semble d'ailleurs respecter cette prédominance culturelle, puisqu'il n'acquiert que treize panneaux provenant de l'école florentine, dont quatre tempera exécutées par Fra Angelico entre 1429 et 1440. Ces dernières proviennent de polyptiques aujourd'hui dispersés, et ont pu être reconstituées grâce aux prêts des parties manquantes par des musées européens. Ici précurseur de la période renaissante, Fra Angelico propose des compositions rigoureuses, où transparaît une atmosphère de piété : ses trois figures de moines dominicains (Saint Jérôme, Saint Bernard et Saint Roch, v.1438-1440), qui ornaient les pilastres encadrant le retable de l'église Saint-Marc de Florence, évoquent un mode de représentation méditative.

Chronologiquement parlant, le premier panneau exposé date de 1270, alors que le premier panneau sur bois réalisé à Sienne (Le Rédempteur bénissant) date de 1215. Von Lindelau n'est pas tout à fait remonté aux origines de la peinture primitive italienne. Son attention semble avoir été surtout captée par les panneaux de Lippo Memmi, dont La Vierge à l'Enfant (v. 1320) présente un point culminant de l'esthétique gothique.

 

 

(1) Ville de Thuringe.

(2) Néanmoins, des sujets plus narratifs sont aussi visibles, tel Le retour de la Vierge à la maison de ses parents (v.1448-1452), tempera exécutée par Sano Di Pietro (1405-1481).

Pour en savoir plus
Par Philippe Collet Le 08/05/2009 à 15:00
Moyenne :

SANO DI PIETRO - Marie retournant au Temple (1448-1452) - Détrempe sur panneau de bois, 31,7 x 47,4 cm - Copyright : © Bernd Sinterhauf, Lindenau Museum, Altenburg, 2008

Lieu : Musée Jacquemart-André, Paris 8eme arrondissement

Période : Du 11 mars 2009 au 21 juin 2009

Considérée comme l'une des plus importantes collections de Primitifs Italiens hors d'Italie, les oeuvres exceptionnelles réunies au XIXe siècle par Bernard von Lindenau sont présentées pour la première fois à Paris, du 11 mars au 21 juin 2009, au Musée Jacquemart-André. La Collection du Musée d'Altenbourg Cette collection de chefs-d'oeuvre des Primitifs Italiens fut constituée au début du XIXe siècle par le baron allemand Bernard von Lindenau (1779-1854). Homme politique éminent, amateur d'art et philanthrope, Bernard von Lindenau ouvra en 1848, dans sa ville natale d'Altenbourg, au sud de Dresde, une vaste demeure de style classique afin d'y exposer ses collections d'oeuvres d'art et de favoriser l'accès du plus grand nombre à la culture...

Commentaires

 
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Palimp7 27/05/2009 à 15:09

Merci pour cette chronique très clair et synthétique. Et si le monde du tout début de la Renaissance italienne ne nous était pas si familier que ça ? Il semble bien que tout un monde reste à découvrir !