Passer
de la figuration à l’abstraction, de la stylisation du réel à
l’abstraction du rêve.
Ne
plus penser figuratif, percevoir l’abstraction, celle présente
dans la nature (une porte érodée, un mur graffiti, un métal
rouillé) la recréer en s’en éloignant, tout en lui restant
fidèle, savoir regarder au-delà de l’objet, ne retenir que le
mouvement, la lumière, la matière. Eduquer le regard comme on relit
inlassablement une écriture en n’en retenant que la calligraphie.
L’artiste n’est que le magicien de son travail
par lequel il accède à cette zone indéfinissable où l’esprit
n’est plus qu’abstraction, où le geste conjugue l’alliance
subtile du désir auquel s’oppose celui de la matière picturale
qui refuse de se laisser guider.
C’est une partition à deux mains où le
peintre, plus qu’il n’affronte, se laisse dériver dans le sens
du courant pour mieux diriger son désir.
C’est un jeu subtil entre ce que
rêve sa main et ce que la matière lui impose, ce que le hasard
provoqué lui suggère, ce que la rigueur gestuelle lui permet de
faire surgir.
C’est
le travail qui s’impose, c’est le hasard maîtrisé qui dispose.
Croire que l’abstraction est totale, alors que de la nature naît
l’abstraction, est un leurre.
Au
détour de l’abstraction ressurgit la figuration comme un rêve en
devenir.
Que
vous regardiez l’abstrait sans mémoire du réel ou que la
figuration imaginée de l’abstrait vous permette de pousser les
portes de l’abstraction, ... la peinture est émotion avant même
de s’adresser à l’esprit. Laissez-vous émouvoir ou restez dans
l’attente du moment où vous saurez la recevoir. L’abstraction
n’est jamais loin du réel. Le figuratif tend vers l’abstraction.
Les frères ennemis vivent dans un monde où les frontières sont
indicibles, où sectarisme rime avec méconnaissance
En parallèle a cette chronique voir l'exposition à Collonges la rouge: http://collonges-la-rouge-expositions.blogspot.com