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VOUS AVEZ DIT DECORATIF?

Par François ARNAUD Le 03/07/2009 à 14:54
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François ARNAUD Acrylique sur toile et technique mixte (sable, pouzzolane)

François ARNAUD Acrylique sur toile et technique mixte (sable, pouzzolane)

 

 

Injure suprême… celle dont on ne se relève pas.

Celle que l’on traite comme une mère maquerelle, dont on donne des définitions chaque fois changeantes. Celle qui serait aux yeux de certains, un compliment flatteur, un affront pour les détenteurs de la vérité pure.

Cette définition qu’elle est-elle ?

Multiple, changeante, c’est l’Arlésienne qui aurait traîné dans quelque atelier d’artiste, filée avec le dernier collectionneur amateur non informé de sa disgrâce.

Alors me direz-vous ?

Cette peinture que personne ne voudrait sienne, ni comme peintre, ni comme collectionneur, celle que le premier venu n’accrocherait pas même au-dessus de son lit, de sa cuisinière à gaz, de son buffet…

La peinture décorative !

Sa définition ?

Indéfinissable, mais certainement pas la mienne, pas même celle de mon pire ennemi. On dit même que Matisse est un peintre décoratif (sic café du commerce, histoires de comptoir).

Sa définition est aussi difficile à donner que celle de… la matière.

Nous n’y arriverons pas. Mais la matière n’est-ce pas son contraire ? Alors définissons-la par son contraire.

Mais la matière est… aussi fuyante qu’un furet, aussi immatérielle que … la définition faite par chacun d’entre nous.

Est-ce d’avoir couché toute une épaisseur sur une toile que celle-ci devient matière ?

Est-ce d’avoir saturé l’huile ou l’acrylique d’objets divers et variés ?

Est-ce d’utiliser le moindre espace de toile, de peur que la simplicité devienne simpliste ?

Et la Danse de… Matisse, est-elle simple ou simpliste ? Décorative ou « pleine de matière » ?

Et si elle était immatérielle, intemporelle ?

Si l’essentiel était émotion ?

Querelles de peintres, d’amateurs qui s’invectivent : peinture décorative, j’ai dit peinture décorative ?

Ne serait-ce pas la forme la plus banale du sectarisme et du délit de sale gueule ?

Préférer une toile par ce qu’elle ne se livre pas au premier regard, n’est pas condamnable en soi, mais jeter l’anathème sur celle dont la perception est (en apparence) immédiate…

Préférer le torturer à la joie de vivre soi disant plus facile ? …

Préférer la création rentrée en résistance à celle du plaisir de peindre…

Chaque création n’a-t-elle pas le droit de cité 

 

François ARNAUD

 

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