Qu'en 1897 James Ensor est intitulé ce tableau "la mortr et les masques" n'a rien d'étonnant. Les masques et la mort forment le thème central obsessionnel de l'oeuvre de ce peintre belge. N'est il pas l'auteur d'"intrigue", "les masques se disputant un pendu", "l'entrée du Christ à Bruxelles", où le macabre atteint son paroxisme?
Pourquoi tant de squelettes? et pourquoi tant de masques?
James Ensor considérait la vie comme une farce, dont il fallait rire en toutes circonstances. Quant aux hommes, qui accueillirent longtemps ses tableaux avec mépris ou indifférence, il préférait s'en moquer.
Ses compositions rappellent les vanités de l'école Flamande, ces têtes de morts qui trônaient dans les natures mortes et renvoyaient brutalement les gens à leur statut de simples mortels.
Quant aux masques, ils restent le meilleur moyen de montrer les individus sous leur jour le plus grotesque.
Et quoi de plus facile, pour un pessimiste comme Ensor- un joyeux pessimiste- qui avait vu symboliquement le jour pendant le carnaval d'Ostende et qui avait passé toute son enfance dans la boutique de souvenirs de sa mère, une boutique pleine de masques de carnaval?
Ces mêmes masques qu'il allait peindre jusqu'à 40 ans, âge auquel il renonça définitivement à la peinture.
Ironie de l'histoire, les journaux annoncèrent trois fois son décès, à chaque fois par erreur, ce qui fit bien rire cet amateur d'humour noir. Il avait beau avoir si souvent peint la mort, il vécut jusqu'à 90 ans...