La Pinacothèque expose Edvard Munch (1863-1944) depuis le 19
février.
C’est un événement en soit car l’artiste norvégien n’a
jamais fait l’objet d’une rétrospective digne de ce nom en France.
Certes, vous n’y verrez pas son « Cri », mais vous
découvrirez cependant, à travers une centaine d’œuvres, la modernité et
l’éclectisme qui caractérisent l’essentiel de son travail.
Edvard Munch nait en 1863 et commence à peindre dans les
années 80. C’est donc un contemporain des artistes se rattachant aux courants
émergents de cette époque : impressionnisme, symbolisme, naturalisme…Edvard
Munch en reste pourtant en marge,
développant un style qui lui est propre.
Il peint, dessine, sculpte, pratique l’estampe et représente
portraits, paysages, natures mortes… Sa palette peut être aussi vive que
sombre, ses œuvres aussi légères qu’effrayantes.
Tout au long de l’exposition, la tentation d’associer
certaines de ses œuvres au symbolisme, voir au synthétisme va et vient, mais
non, elle n’est que fugace tant il est évident que son œuvre ne se cantonne pas
uniquement à un style, il expérimente, il cherche, pour pouvoir mieux
s’exprimer.
La modernité et la qualité technique de son travail
atteignent leur paroxysme dans ses
estampes. Souvent traitées à coup de lignes verticales ou horizontales,
rehaussées de couleurs, les sujets n’en sont que plus vivants, plus expressifs.
La matière qui les anime est palpable à l’œil nu et donne envie d’être à la
place du collectionneur auquel elles appartiennent, afin de pouvoir mieux les contempler,
mieux les toucher, mieux les caresser…
Le contrat est donc rempli : c’est bien d’une
découverte de l’œuvre d’Edvard Munch qu’il s’agit, dans tout ce qui se rapproche de près ou de loin à
son fameux « Cri » et qui en fait la richesse.
Un petit bémol cependant quant à l’accrochage de l’exposition,
qui ne m’a pas toujours paru cohérent, un
plus en revanche quant à la possibilité de télécharger le guide de visite de l’exposition sur iPhone
et iPod touch, définitivement ludique et pratique.